Notions numismatiques

TYPES MONETAIRES, VARIETES ET ARTEFACTS : ESSAI DE DEFINITION.

 

La prolifération des types et des variétés apparues ces dernières années dans les monnaies modernes amène à s’interroger à nouveau [1] sur la définition à retenir pour ces termes en Numismatique. Si l’on n’y prend pas garde, on confondra bientôt type et variété d’une part, variété et artéfact d’autre part. (Les artéfacts sont des imperfections de fabrications).

La production des monnaies utilise des outils imparfaits, aussi sophistiqués soient-ils, qui produisent des pièces jamais rigoureusement identiques. En améliorant les techniques d’examen - je pense au microscope à balayage - on découvrira vite qu’il y a autant de pièces différentes que de monnaies frappées et il faudra des centaines de millions de pages aux catalogues pour décrire les quelques milliards de monnaies toutes différentes, pour peu que l’examen se fasse à un grandissement suffisant. Ce serait évidemment stupide et impraticable.

Voici donc à nouveau mes propositions de définition des types monétaires et des variétés, ainsi qu’une définition des artéfacts.

Type monétaire

Un type monétaire est caractérisé par une gravure de l’avers et du revers. Deux monnaies représentent un même type monétaire si ces gravures sont semblables, ainsi que le module, le poids et la nature du métal.

Pour parfaire cette définition, j’ai introduit la nuance suivante : on convient qu’il n’y a pas de changement de type en cas de modification non intentionnelle de gravure, de module, de métal ou de poids.

Variété

Pour un même type monétaire (même gravure d’avers et de revers), il existe des variétés de différents d’atelier, de directeur, de graveur, de millésime et de tranche. Il faut y ajouter les variétés résultant de modifications non intentionnelles de gravure, de module, de métal ou de poids.

Artéfact

Les artéfacts sont des imperfections dues aux techniques de fabrication, contrairement aux variétés qui sont des modifications (même non intentionnelles) apportées par le monétaire.

En général, les artéfacts sont des modifications extrèmement mineures (du moins pour les monnaies modernes), et nécessitent, pour être découverts, un examen très minutieux. La distinction entre variétés et artéfacts devrait donc être aisée. Malheureusement, il arrive que les imperfections de la fabrication aient un effet majeur sur la monnaie produite. Pour ne pas alourdir l’exposé, je ne prendrai qu’un seul exemple : l’encrassement des coins fait mal venir ou même disparaître le différent de Poissy sur les dix et cinq centimes Lindauer. Si on retenait la notion de variété pour cet artéfact, il faudrait plusieurs pages de catalogue pour décrire les altérations variées du différent de l’atelier de Poissy sur ces types monétaires.

Voilà les définitions que je propose de retenir pour ces trois termes. Il en résulte un certain nombre de corrolaires. Par exemple, si une monnaie présente un différent inhabituel, il s’agira d’une variété. Si au contraire, on constate une absence de différent, ce sera un artéfact si ce manque provient d’un bouchage du coin, une variété s’il s’agit d’une variante de coin. De même pour une lettre manquante, et aussi pour les points qui ne sont parfois que des défauts de coins.

Si ces définitions recevaient un accueil favorable, elles auraient le mérite de clarifier la situation, et d’éviter une prolifération intempestive, inutile et néfaste des types et des variétés.

Quant aux modifications d’une monnaie en dehors de l’atelier monétaire, elles portent un nom : ce sont des contrefaçons.